2000 Non à la route Chevrette

Au cours de l’été 2000, l’annonce du ministre Guy Chevrette de construire une route de 31 kilomètres au coût de 15 millions entre Saint-Donat (3 500 habitants) et Lac Supérieur (1 400 habitants) dans les régions des Laurentides et de Lanaudière étonne. Ce projet qui accapare près de 10 % de l’enveloppe budgétaire prévue pour le développement du réseau routier du ministère des Transports (MTQ) sort de nulle part.

Selon l’APIGQ, cette annonce étonne quand on sait que cette voie ne figure pas dans les zones d’interventions prioritaires identifiées par la Direction territoriale du MTQ ou par les intervenants régionaux ayant participé aux consultations relatives aux plans de transport. Les problèmes de congestion routière à chaque fin de semaine autour du Mont-Tremblant et le manque de fluidité de la circulation sur l’autoroute 15 entre Sainte-Adèle et Laval sont les points où des actions prioritaires ont été ciblées. Les recommandations du plan indiquent également que des déficiences géométriques doivent être corrigées sur plusieurs routes secondaires afin de les rendre plus sûres. En d’autres mots, comment justifier alors que le tiers du budget du réseau routier 1999-2000 de 46 millions de la Direction territoriale Laurentides-Lanaudière soit englouti dans la construction d’une route intermunicipale secondaire?

Parce que l’APIGQ s’inquiète de l’arbitraire qui préside aux investissements routiers dans un contexte où les ressources financières sont limitées et où chaque dollar doit servir les meilleures fins, elle intervient à nouveau publiquement.

À court d’arguments, le ministre Chevrette attaque la rigueur de la position de l’APIGQ. De plus, le ministre tente de faire croire à un consensus régional. L’APIGQ réplique immédiatement.

Malgré tout, la route se construira. Avions-nous raison de prétendre que cette route était inutile ou s’agissait-il d’un lien routier vital comme le prétendait le ministre Chevrette? Le temps nous a donné encore raison. En effet, TVA nous donne entièrement raison dans son reportage de 2007 en précisant qu’il y a eu dépassement de coûts. Enfin, cette route aurait fait l’objet d’une magouille selon le témoin Gilles Cloutier (à l’emploi de la firme Roche) entendu à la Commission Charbonneau. Cette route est maintenant appelée la piste cyclable à Chevrette.

Dommage pour le contribuable, le réel patron des ingénieurs du gouvernement du Québec.

Reportage de TVA, 10 novembre 2007