Les durs premiers pas

1990_05_16_Manifestation

DÉBUT DES ANNÉES 90 – LES DURS PREMIERS PAS

La négociation est difficile et teintée de mauvaise foi. Les membres de l’APIGQ manifestent. L’APIGQ et ses membres multiplient les rencontres avec ministres et députés. L’argumentaire est solide, la cause est juste, la motivation des ingénieurs est élevée, mais ça ne sera pas suffisant. Il manque un solide rapport de force. Le 10 juillet 1991, le président du Conseil du Trésor, M. Daniel Johnson, procède par loi spéciale (Loi sur le plafonnement provisoire dans le secteur public) pour fixer les premières conditions salariales des ingénieurs. L’APIGQ dépose une plainte de négociation de  mauvaise foi contre le gouvernement qu’elle laissera tomber à l’occasion de la signature de sa première convention collective le 10 novembre 1992.

L’APIGQ obtient l’échelle salariale « strate I », deux lettres d’entente concernant des études de relativité interne et externe. Selon le gouvernement, il s’agit d’un passage obligé pour obtenir des augmentations salariales. Ces études devaient durer un an (elles ont plutôt duré 9 ans!).

Les études de relativité salariales débutent en février 1993. Les difficultés surgissent rapidement. Seule l’étude de relativité interne intéresse vraiment le gouvernement. Pire, il ne souhaite pas réellement adapter la grille de facteurs utilisée pour évaluer les professionnels du SPGQ aux particularités des ingénieurs (obligation de résultats, scolarité plus longue, juniorat, etc.). Une bataille de plusieurs années s’engage pour qu’il respecte ses engagements.

Le 17 juin 1993, l’APIGQ subit une seconde loi spéciale (Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public et le secteur municipal ou loi 102). Cette loi prolonge les conventions collectives pour 2 ans, gèle les salaires et fixe une récupération de 1 % de la masse salariale. L’APIGQ propose à l’employeur une récupération de 2 %. Le premier 1 % appartiendrait à l’employeur. L’APIGQ présente des gains de productivité notamment au regard de la sous-traitance et de l’organisation du travail. L’employeur refuse ces propositions et la récupération de 1 % se traduit par la prise de trois congés forcés non payés pendant la période des fêtes.

Au cours du mois de juin 1993, le gouvernement libéral adopte aussi la loi 198 (appelée aussi opération réalignement) qui vise à diminuer les effectifs de la fonction publique de 12 % sur cinq ans. Chaque ministère est mis à contribution. Cette opération qui force les ministères à déterminer où couper a des effets sur l’effectif ingénieur. Cela force le report de la collecte de données pour l’étude interne de mai 1994 à l’automne 1994. De plus le gouvernement veut réviser la classification. À plusieurs égards, les études de relativité salariale et la classification deviendront indissociables. Entre-temps l’APIGQ ne se satisfait toujours pas des études salariales portant sur les ingénieurs.

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