Une convention sans loi spéciale

2011 – UNE CONVENTION SANS LOI SPÉCIALE

L’APIGQ soumet ses demandes salariales au gouvernement en décembre 2009. Le 21 janvier 2010, le gouvernement fait part de ses demandes de récupération :

  1. abolition de la banque de journées de maladie et résorption sur 5 ans de la banque accumulée;
  2. diminution du nombre de jours de maladie de 12 à 8 jours/année;
  3. diminution de la durée de l’assurance traitement payée par l’employeur  de 104 à 26 semaines;
  4. diminution de nombre de jours fériés  de 13 à 11 jours;
  5. fin des libérations syndicales aux frais de l’employeur;
  6. « augmentation » des échelles salariales de 5 % sur cinq ans.

À cela s’ajoute une demande patronale propre à l’APIGQ, soit l’abandon de la structure salariale à 4 niveaux. Enfin le gouvernement n’est toujours pas convaincu des problèmes d’attraction-rétention. Il suggère plutôt qu’un comité examine la question et qu’il fasse ses recommandations aux parties négociantes. L’APIGQ a déjà joué dans ce film dans les années 90 et ce film portait pour titre « Étude de relativités salariales ». L’APIGQ refuse cette proposition. Enfin il refuse d’examiner la possibilité de réduire la sous-traitance pour se dégager une enveloppe budgétaire pour offrir des salaires concurrentiels à ses ingénieurs.

Au cours du mois de mai, le SFPQ obtient une entente de principe dans laquelle le gouvernement retire ses demandes de récupération. Il en fera de même avec l’APIGQ quelques jours plus tard.

La négociation piétine. L’APIGQ demande la médiation, passage obligé avant de mener à des moyens de pression. Pendant ce temps, à la fin juin, le front commun s’entend sur 6 % sur 5 ans avec possibilité d’augmentations en fonction de l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) du Québec au cours de ces années. Par « souci d’équité », le gouvernement tient à imposer cette entente à tous les autres syndicats non associés au front commun. Le défi, pour l’APIGQ, outre la mise en place de moyens de pression, consiste à faire ressortir des éléments qui permettront au gouvernement de mieux rémunérer les ingénieurs sans que les syndicats signataires puissent revendiquer la même chose.

Alors que les 450 procureurs de la Couronne et les 1 000 juristes de l’État optent pour grève générale ( la grève légale se terminera 14 jours plus tard par une loi spéciale ), l’APIGQ choisit la « guérilla » et elle déclenche le 25 novembre 2010, une grève de temps supplémentaire.  Dès la première journée de grève, l’APIGQ est conviée à une rencontre avec la Présidente du Conseil du Trésor. La grève produit ses effets. Au contraire de 2001, le gouvernement refuse de payer les primes de disponibilité aux ingénieurs désignés pour assurer les services essentiels 24h/24. Le 14 janvier 2013, l’arbitre donne entièrement raison à l’APIGQ. Plus de 200 ingénieurs auront droit à des montants pouvant aller jusqu’à 15 000 $.

Une entente de principe intervient le 8 avril 2011. En contrepartie de l’abandon de sa structure de rémunération, l’APIGQ obtient 3,75 % d’augmentation le 1er avril 2011 au lieu du 0,75 % obtenu par le front commun. Une prime de rétention de 8 % est attribuée aux ingénieurs du Grand Montréal, de l’Outaouais, de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue. Bien qu’attribuer qu’à 40 % de ses membres, un quiproquo relié à cette prime entraînera un grief collectif pour lequel un règlement hors-cour profitera à l’ensemble de ses membres.

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