Effondrement du viaduc de la concorde

2006 – EFFONDREMENT DU VIADUC DE LA CONCORDE

Samedi 30 septembre 2006, vers 12 h 30, le viaduc du boulevard de la Concorde à Laval s’effondre, tuant cinq personnes et en blessant six autres. Rappelons que ce viaduc a été conçu et surveillé en 1969-1970 par la firme Desjardins-Sauriol, devenue Dessau-Soprin et par la suite Dessau. Il s’agit d’un pont qui comporte des appuis de type chaise en travée qui sont positionnés à l’extrémité d’une culée en porte-à-faux.

Effondrement du viaduc de la Concorde à Laval.Le gouvernement crée la Commission Johnson. La Commission refuse à l’APIGQ le statut de participant, statut qui lui aurait permis d’interroger et de produire des témoins. La Commission lui accorde le statut d’intervenant. Malgré tout, pour protéger ses membres et leur réputation, l’APIGQ participe activement aux travaux de la Commission. Elle va même jusqu’à demander la récusation des commissaires Johnson et Couture, en vain. Elle apprendra quelques années plus tard que le procureur-chef de la Commission, maître Michel Décarie, était aussi le procureur du Parti libéral du Québec.

L’APIGQ ne lésine pas sur les sorties médiatiques pour protéger ses membres. Elle s’y forge un réseau de contacts auprès des médias qui lui servira au cours des années qui suivront.

Somme toute, dans toutes ses sorties médiatiques, l’APIGQ a véhiculé les messages suivants :

  • l’état déplorable du réseau routier québécois n’est pas dû, comme le prétendait le gouvernement, à un manque de savoir-faire des ingénieurs du ministère des Transports ( MTQ ), mais au gouvernement qui, sciemment, sous-budgète les sommes requises à son entretien ;
  • il n’est pas requis d’augmenter le budget consacré aux travaux routiers. Il faut plutôt réaménager celui-ci en y priorisant l’entretien du réseau actuel plutôt que la construction de nouvelles routes;
  • le plan gouvernemental « Briller parmi les meilleurs » n’avait comme objectif pour 2008 que de maintenir à 55% le nombre de structures en bon état. À la suite, entre autres, des pressions exercées par l’APIGQ, le gouvernement ajoutait enfin des sommes substantielles pour améliorer ce bilan ;
  • le technicien étant à l’ingénieur ce qu’est l’infirmière au médecin, il y aurait lieu d’embaucher en priorité des techniciens au sein du ministère des Transports ;
  • la Commission Johnson sera coûteuse et de peu d’utilité, si elle n’enquête pas sur les mesures à prendre pour restaurer le réseau routier ;
  • l’intervention de M. Johnson, à la suite du débat des chefs, fondée ou non, a semé le doute chez plusieurs ténors de la société civile (messieurs Dumont, Samson et Bellemarre) ;
  • l’Association souhaite, comme ce fut le cas lors de l’enquête sur le viaduc du Souvenir, que le citoyen québécois raisonnablement informé ne puisse douter des conclusions de l’enquête sur le viaduc de la Concorde ;
  • Les choix budgétaires étant avant tout politiques, le mandat de la Commission d’enquête doit être élargi pour vérifier si les fonctionnaires produisaient des documents informant les politiciens de l’impact du sous-financement de l’entretien du réseau routier. Le cas échéant, déterminer ce qu’ils ont fait de ces documents ?

Suite…