Création de l’APIGQ

1986 – CRÉATION DE L’APIGQ

Au début des années 80, la récession économique fait bondir le taux de chômage à 15 %.  Le gouvernement décide de réduire le salaire des employés de l’État de 20 % pendant les trois premiers mois de 1983 et le gel d’un échelon.  Il adopte la loi 105, fixant alors les conditions de travail pour les trois années subséquentes. À cette époque, les ingénieurs du gouvernement du Québec et ceux d’Hydro-Québec ont des salaires comparables. À partir de ce moment, un immense fossé se creusera.

1988-05-05 Nouveau syndicat pour les ingénieurs de l'État_Le SoleilUn vent d’insatisfaction s’élève chez les membres ingénieurs du SPGQ. Ceux-ci critiquent la revendication du SPGQ d’une échelle salariale unique pour tous les professionnels du gouvernement et le 27 juillet 1986, est créée l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement (APIGQ). De plus, outre une rémunération basée sur la complexité de leur emploi, ces ingénieurs souhaitent un régime de retraite qui prend en compte leurs particularités (arrivée tardive dans la fonction publique, retraite plus tardive entraînant un départ à la retraite décalé, etc.) et l’abolition de la clause de l’exclusivité de service pour le gouvernement.

Un long et dur combat débute pour obtenir l’accréditation des ingénieurs du gouvernement. Ainsi , soit plus de 70 % des ingénieurs. À l’automne 1987, 192 ingénieurs réunis en assemblée décident de prendre leur destinée en main et de transformer officiellement l’APIGQ en syndicat. L’Association est vite confrontée à des difficultés financières. Sur une base volontaire, ses membres acceptent de lui verser immédiatement 20 $, sans garantie de succès.

Un des éléments importants pour obtenir l’accréditation est d’en circonscrire le  nombre de membres.  La mise sur pied d’un fichier des membres fiable est un élément déterminant. Au contraire du SPGQ qui dispose des informations sur les ingénieurs à partir du système de paie du gouvernement, la collecte d’informations se fait sur une base volontaire. On identifie des bénévoles chargés de la collecte d’informations dans chaque milieu de travail et de faire signer des cartes d’adhésion. De plus, il faut préparer un dépôt en vue de la future négociation et élaborer les Statuts et règlements de l’APIGQ. En résumé, tout est à faire.

La période de maraudage court du 5 avril au 5 mai 1988. À la fin de cette période, plus de 90 % des 1 000 ingénieurs ont signé une formule de révocation du SPGQ et un formulaire d’adhésion à l’APIGQ. Pour contsrer cette offensive, le SPGQ met sur pied le « Comité des ingénieures et des ingénieurs » pour mieux cerner leurs aspirations. Trop peu, trop tard! Le 4 mai 1988, l’APIGQ dépose au Tribunal du travail une requête en accréditation accompagnée de 850 formulaires d’adhésion. Le SPGQ s’y oppose. Après quatre jours d’audition, le 22 septembre 1988, la Cour accrédite l’APIGQ « pour représenter les ingénieurs membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec ou admis à l’étude de la profession ».

Que la négociation débute se disent les ingénieurs. Ils vont rapidement constater que sans rapport de force, point de salut!

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