Sécurité d’emploi

Dès le 5 octobre 1960, soit 3 mois après avoir été porté au pouvoir, le gouvernement libéral de Jean Lesage forme une commission royale d’enquête sur la moralité dans les dépenses publiques, la Commission Salvas. Le gouvernement veut s’attaquer au favoritisme.

Dans la suite des choses, pour s’assurer d’une fonction publique indépendante à l’abri du patronage politique, le gouvernement accorde, comme il l’a fait pour les juges, la sécurité d’emploi aux fonctionnaires. Cette sécurité d’emploi ne s’acquiert pas dès l’entrée en fonction. Elle n’est acquise qu’après deux ans de travail. De plus, cette sécurité d’emploi ne l’empêche pas d’être congédié pour une cause juste et raisonnable. Enfin, le gouvernement peut congédier un fonctionnaire s’il ne peut reprendre son travail pour cause de maladie.

Cinquante ans plus tard, cette sécurité d’emploi est-elle encore nécessaire? Selon le chroniqueur Michel David du journal Le Devoir (voir article plus bas) :

« Les progrès réalisés au cours des 50 dernières années ne signifient cependant pas que la vigilance est maintenant superflue. L’actualité donne quotidiennement des preuves irréfutables du contraire.

Quoi qu’en dise le premier ministre, ses nouvelles directives aux membres du conseil exécutif en ce qui a trait aux conflits d’intérêts constituent une dérive inquiétante par rapport à ce qui était exigé des ministres depuis près d’un quart de siècle. »

Bien sûr, cette sécurité d’emploi n’a pas la même signification pour certaines catégories d’emploi, et particulièrement pour celle des ingénieurs. En effet, les ingénieurs, malgré la crise économique, sont en situation de plein emploi. Les ministères, compte tenu des faibles salaires offerts, ne peuvent embaucher des ingénieurs d’expérience.

C’est d’ailleurs pourquoi l’APIGQ, étant donné que le gouvernement prétendait en 2003 que la sécurité d’emploi avait une réelle valeur, a tenté de monnayer cette sécurité d’emploi lors de la négociation de 2005. Le gouvernement, sans surprise, n’a pas voulu mettre un chiffre. Il savait très bien que prétendre que la sécurité d’emploi avait une valeur pour les ingénieurs n’était qu’un prétexte pour les sous-payer.

Pour en connaître davantage :